Sauvegardes & restaurations

Maintenir les processus de sauvegarde

Rédigez un plan de sauvegarde compréhensible par tous, définissant le rôle de chacun en situation de crise. Testez et élaborez des scripts de sauvegarde, effectuez des backups sur différents supports (local/distant), d'un système entier jusqu'au plus granulaire (données, BDD, logs).

Je sauvegarde mon système à l'aide d'un logiciel d'image disque

De la théorie à la pratique

Le premier cours de ce sous-module a posé le cadre : PRA, RTO/RPO, types de sauvegarde, supports, panorama des outils. Ce deuxième cours passe à la mise en œuvre concrète chez DKTOYS, système par système. Avant d'écrire le premier script, un préalable s'impose : formaliser un plan de sauvegarde, document de référence qui rend la stratégie compréhensible par toute l'équipe — y compris par une personne qui découvrirait le sujet en pleine crise, en l'absence du technicien qui l'a mise en place.

Rédiger un plan de sauvegarde compréhensible par tous

Un plan de sauvegarde n'est pas qu'une liste de commandes ou de tâches planifiées : c'est un document qui répond, pour chaque système sauvegardé, à des questions simples mais souvent laissées implicites :

QuestionExemple pour le serveur e-commerce de DKTOYS
Quoi ?Image système complète du serveur, données de la base, configuration applicative
Fréquence et typeComplète hebdomadaire, différentielle quotidienne (voir chapitre précédent)
Support et localisationNAS local pour la restauration rapide, copie hors site pour la règle des 3-2-1
Fenêtre d'exécutionEn dehors des heures de forte affluence du site e-commerce
Durée de rétentionCombien de générations de sauvegardes conserver avant écrasement
ResponsableQui vérifie que la sauvegarde s'est bien déroulée, et à quelle fréquence
Procédure en cas d'échecQui est alerté, et sous quel délai la sauvegarde manquée doit être relancée

Un plan de sauvegarde écrit et partagé évite deux écueils fréquents dans une petite équipe informatique : la sauvegarde qui repose sur la mémoire d'une seule personne, et l'absence de vérification régulière que les sauvegardes planifiées s'exécutent réellement — planifier une tâche n'est pas la même chose que s'assurer qu'elle réussit chaque fois.

L'image disque : sauvegarder un système, pas seulement des fichiers

Le premier niveau de sauvegarde, le plus complet, consiste à capturer l'image disque d'un serveur : une copie bloc par bloc (ou secteur par secteur) de l'intégralité du disque, système d'exploitation, applications installées, configuration et données confondus. C'est ce qui distingue une image disque d'une sauvegarde de fichiers (traitée au chapitre suivant) : une image disque permet de reconstruire un serveur à l'identique, sans devoir réinstaller le système puis réappliquer une à une chaque configuration.

Deux approches coexistent pour réaliser une image :

  • une image à froid, le serveur arrêté ou démarré depuis un support externe (clé USB, réseau) : garantit une cohérence parfaite, puisqu'aucune écriture ne se produit pendant la capture, au prix d'une interruption de service pendant l'opération ;
  • une image à chaud, réalisée pendant que le serveur continue de fonctionner, généralement via un mécanisme de cliché (snapshot) qui fige un état cohérent des données à un instant précis avant de le copier : ne coupe pas le service, mais demande que l'outil de sauvegarde sache gérer correctement les fichiers ouverts et les écritures en cours.

Pour le serveur e-commerce de DKTOYS, dont l'indisponibilité coûte directement des ventes, l'image à chaud, planifiée en dehors des pics de trafic, reste le compromis le plus réaliste.

Ce que contient une sauvegarde d'image système

Une sauvegarde d'image système, au sens le plus complet, couvre généralement :

  • le système d'exploitation et ses paramètres ;
  • les applications installées et leur configuration ;
  • l'état du système (registre, services, pilotes sous Windows ; fichiers de configuration sous Linux) ;
  • éventuellement les données applicatives lorsqu'elles résident sur le même volume, bien qu'il reste préférable, quand c'est possible, de séparer un volume de données d'un volume système, pour sauvegarder chacun selon un rythme adapté à sa volatilité propre.

Planifier et vérifier l'exécution

Une sauvegarde d'image ne vaut que si elle s'exécute réellement, sans intervention manuelle quotidienne. La planification s'appuie sur les mécanismes déjà connus de l'administration système :

# Exemple de tâche planifiée Linux (cron), sauvegarde hebdomadaire un dimanche à 2h
0 2 * * 0 /usr/local/sbin/image-serveur-ecommerce.sh >> /var/log/backup/image.log 2>&1

Sous Windows Server, la même logique s'appuie sur le Planificateur de tâches, associé à l'outil de sauvegarde retenu (natif ou éditeur tiers). Dans les deux cas, un point mérite une attention particulière : planifier n'est pas surveiller. Une tâche planifiée qui échoue silencieusement, sans notification, laisse croire à une sauvegarde à jour alors qu'elle ne l'est plus depuis des jours ou des semaines — un risque directement lié au plan de sauvegarde : c'est lui qui désigne le responsable de cette vérification et sa fréquence.

Un exemple de script d'orchestration pour DKTOYS

Le plan de sauvegarde de DKTOYS prévoit qu'un même script orchestre plusieurs étapes de la chaîne de sauvegarde, journalisées pour un contrôle a posteriori :

#!/bin/bash
set -euo pipefail

LOG="/var/log/backup/image-$(date +%F).log"
echo "Démarrage sauvegarde image — $(date)" >> "$LOG"

# 1. Cliché cohérent du volume système
snapshot_id=$(creer-snapshot-volume /dev/sdb1)

# 2. Copie de l'image vers le support local
copier-image "$snapshot_id" /mnt/nas-local/images/ >> "$LOG" 2>&1

# 3. Suppression du cliché temporaire
supprimer-snapshot "$snapshot_id"

echo "Sauvegarde image terminée — $(date)" >> "$LOG"

Ce script reste un exemple de structure — les commandes creer-snapshot-volume et copier-image désignent ici les outils réellement choisis par DKTOYS (natif ou éditeur tiers), et non une commande universelle : c'est le rôle de l'outil retenu, présenté au chapitre précédent, d'exposer les commandes exactes correspondantes.

Ce qui fait échouer une sauvegarde d'image, et comment le vérifier

Une sauvegarde d'image qui échoue laisse généralement des indices exploitables dans le journal d'exécution, à condition de savoir où regarder :

SymptômeCause probableCe qu'on vérifie
Le script s'arrête avant la fin, sans message clairEspace insuffisant sur le support de destinationEspace disponible sur le NAS local avant le prochain déclenchement
Le cliché échoue à se créerUn volume déjà proche de saturation ne laisse pas de place pour les écritures différentielles du clichéEspace libre sur le volume source lui-même, pas seulement sur la destination
L'image se crée mais reste incomplèteUn fichier verrouillé en écriture continue par une application n'a pas pu être capturé de façon cohérenteCohérence de l'image via un contrôle d'intégrité (voir le dernier cours de ce sous-module), et compatibilité de l'outil avec les fichiers ouverts
La sauvegarde dépasse la fenêtre prévueVolume de données modifiées supérieur à l'habitude, ou débit réseau dégradé vers le NASDurée réelle comparée aux exécutions précédentes, alerte si l'écart devient significatif
Le cliché temporaire n'est jamais suppriméLe script s'est interrompu avant l'étape de nettoyagePrésence de clichés orphelins, qui grossissent avec le temps et finissent par saturer le volume source

Ce dernier point rejoint une remarque déjà faite pour les machines virtuelles : un cliché est un état transitoire, jamais une sauvegarde en soi ; un script d'orchestration robuste doit garantir sa suppression même en cas d'échec d'une étape intermédiaire, par exemple via un mécanisme de nettoyage systématique en fin de script, y compris en cas d'erreur.

Une fenêtre de sauvegarde chiffrée, à titre d'exemple

À titre d'exemple, et non comme une donnée issue des supports de formation, une image système complète du serveur e-commerce de DKTOYS pourrait représenter un volume de l'ordre de 80 Go (système, applications et configuration, hors volume de données séparé), avec un débit d'écriture vers le NAS local de l'ordre de 100 Mo/s sur le réseau local de l'entreprise. Ce volume donnerait une durée de sauvegarde complète approximative de 15 à 20 minutes, largement compatible avec une fenêtre nocturne en dehors des heures d'affluence du site. Ce chiffrage reste indicatif : il dépend directement du matériel réellement en place et devrait être mesuré sur les premières exécutions réelles plutôt que supposé, précisément pour alimenter la comparaison entre durée mesurée et RTO visé évoquée au chapitre sur le PRA.

Ce qu'il faut retenir

Un plan de sauvegarde écrit, qui désigne clairement quoi sauvegarder, à quelle fréquence, sur quel support et sous la responsabilité de qui, précède toute mise en œuvre technique : c'est lui qui évite qu'une sauvegarde planifiée en silence ne devienne une sauvegarde oubliée. L'image disque, capturée à froid ou à chaud selon la tolérance à l'interruption de service, reste le niveau de sauvegarde le plus complet : elle permet de reconstruire un serveur entier, système compris, sans réinstallation manuelle. Les supports de ce cours indiquent l'objectif — sauvegarder un système à l'aide d'un logiciel d'image disque — sans détailler d'outil ni de procédure précise ; ce chapitre s'appuie donc sur les pratiques professionnelles standard de sauvegarde système, illustrées sur le cas de DKTOYS. Le chapitre suivant descend d'un niveau : la sauvegarde des données utilisateurs, plus granulaire que l'image système complète.